3ème Mandat

Contrairement à toute attente, M. Alpha Condé, président de la République de Guinée, a instauré un régime autoritaire en violation de l’Etat de droit prévu par la Constitution au terme de laquelle il a accédé au pouvoir.

Investi à la magistrature suprême le 21 décembre 2010 pour un mandat de cinq ans, il a été réélu le 11 octobre 2015. La Constitution du 7 mai 2010, actuellement en vigueur, prévoit que nul ne peut accomplir plus de deux mandats, consécutifs ou non. Or, M. Alpha Condé, dont le second mandat expire en décembre 2020, envisage de se présenter pour un troisième mandat.
Dans son fief électoral en Haute Guinée, les dirigeants actuels poussent l’irresponsabilité jusqu’à sortir les élèves des salles de classes pour aller soutenir le projet de 3ème mandat. Cette campagne a conduit à des violences et des affrontements à Kankan, le Samedi 16 Mars 2019.

Les Forces Vives Guinéennes (FVG) se sont levées pour empêcher ce 3ème mandat. Elles comprennent trois composantes principales :

1°. Les partis politiques d’opposition au régime du président Alpha Condé :

- Union des Forces Démocratiques de Guinée (UFDG), Président M. Cellou Dalein Diallo

- Union des Forces Républicaines (UFR), Président : M. Sidya Touré

- Parti de l’Espoir pour le Développement National (PEDN), Président : M. Lansana Kouyaté

- Bloc Libéral (BL), Président : M. Faya Millimouno

- Congrès Populaire Africain (CPA), Présidente : Mme Marie-Madeleine Dioubaté

- Bloc pour l’Alternance en Guinée (BAG), Président : M. Sadio Barry

- Mouvement Démocratique Libéral (Model), Président : M. Aliou Bah.

2°. Les organisations de la société civile - comprenant plusieurs plateformes dont Le Réveil et le Collectif citoyen-Destin commun -, qui n’ont pas fait allégeance au président Alpha Condé. D’autres plateformes viendront s’y ajouter en cours de route.

3°. Les syndicats de travailleurs guinéens qui ne sont pas liés au RPG Arc-en-ciel, le parti au pouvoir.

Le présent document a été élaboré par les Forces Vives Guinéennes depuis l’Europe. Il a pour but d’apporter à la communauté internationale les éléments d’information suivants :

Les circonstances réelles dans lesquelles M. Alpha Condé est arrivé au pouvoir ;
La dictature personnelle, discriminatoire et sanguinaire que le président Alpha Condé a instaurée en Guinée ;
Les violations récurrentes des droits de l’homme dont il s’est rendu coupable depuis son accession au pouvoir ;
Un aperçu de la situation socio-économique désastreuse dans laquelle se trouvent à l’heure actuelle les Guinéens ;
Le projet de troisième mandat anticonstitutionnel du président Alpha Condé ;
Les risques de guerre civile et de chaos social en Guinée en raison de la volonté du président Alpha Condé de s’incruster au pouvoir.
Ce document vise à avertir la communauté internationale des dangers du non respect du calendrier électoral guinéen par le président Alpha Condé qui peut déboucher sur un scénario similaire à celui de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire, ou de Joseph Kabila en République Démocratique du Congo ou encore d’Abdelaziz Bouteflika en Algérie.

1°. M. Alpha Condé a été mal élu :

Après l’arrivée au pouvoir de M. Alpha Condé en décembre 2010, la presse occidentale a déclaré qu’il est « le premier président guinéen démocratiquement élu ». Cela est une contre-vérité.

Au premier tour de l’élection présidentielle, le 27 juin 2010, il a recueilli 18,25 % des voix contre 43,69 % à M. Cellou Dalein Diallo. La Constitution prévoit que le second tour devait suivre deux semaines plus tard. Il en a été autrement.

Homme politique déterminé, M. Alpha Condé a imposé sa cadence et sa méthode au déroulement du second tour en menaçant de se retirer de la compétition si ses demandes ne sont pas prises en compte. C’est ainsi qu’il a pu obtenir la création de 1 000 nouveaux bureaux de vote en Haute Guinée, son fief électoral, et y a fait établir des listes électorales additionnelles. Le nombre d’électeurs dans son fief a ainsi augmenté exagérément.

De plus, 17 ordinateurs sur 50, paramétrés par le système OIF (Organisation Internationale de la Francophonie), ont été volés, puis une semaine plus tard, les locaux de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) brûlés.

M. Alpha Condé voulait que l’opérateur informatique électoral, la société française Sagem qui a réalisé le premier tour de l’élection présidentielle, soit remplacé par la société sud-africaine Waymark que lui-même a fait venir (une société contestée dans tous les pays où elle a eu à intervenir). Il a finalement obtenu ce remplacement.

De report en report, il a fait retarder la date du second tour au-delà de l’échéance électorale règlementaire. Celui-ci ne s’est déroulé que le 7 novembre 2010, soit 4 mois et ½ après le premier tour. Une violation flagrante de la Constitution.

Le président de la CENI est remplacé par le général malien Siaka Toumany Sangaré, représentant des Nations unies, mais qui se révèlera plus tard être un proche de M. Alpha Condé.

Entre-temps, celui-ci a joué à fond la carte ethnique. Les Peuls, ressortissants de la Moyenne Guinée, sont accusés d’avoir empoisonné l’eau de ses militants lors du meeting de son parti, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), tenu à Conakry le 22 octobre 2010. Ce qui a déclenché un soulèvement populaire contre cette communauté à Siguiri, à Kankan et à Kouroussa en Haute Guinée, se traduisant par une véritable chasse à l’homme dans ces préfectures. Des milliers de Peuls établis dans cette région depuis des décennies, voire des siècles pour certains d’entre eux, sont chassés. D’où un déplacement de milliers de ces électeurs qui seront de ce fait exclus du second tour de la présidentielle.

En outre, M. Alpha Condé promet le poste de premier ministre à la Basse Guinée et celui de président de l’Assemblée nationale à la Guinée Forestière, s’il est élu, pour se rallier les électeurs de ces régions. Promesse qu’il tiendra.

Le long délai séparant les deux tours de l’élection présidentielle, en violation de la Constitution, a permis à M. Alpha Condé de se livrer à un véritable hold-up électoral fait de tripatouillage du fichier électoral, de manipulation de la CENI, de diverses épreuves de force et, en fin de compte, de bourrage des urnes, avec la complicité des autorités de la Transition.

Les mêmes procédés sont employés plus tard pour renouveler le mandat de M. Alpha Condé lors de l’élection présidentielle d’octobre 2015.

Cette fois, le « Coup KO » est programmé, c’est-à-dire l’élection de M. Alpha Condé dès le premier tour. Pour cela, le dispositif électoral est sciemment modifié par le pouvoir :

La modification la plus significative a été de faire passer la CENI d’un fonctionnement par « consensus » à un fonctionnement « majoritaire », soulignant son manque d’indépendance et favorisant le camp présidentiel.
La modification du fichier électoral est caractérisée par les mesures suivantes : la population électorale de la Haute Guinée, fief de M. Alpha Condé, a été anormalement augmentée par l’enrôlement des enfants des écoles, y compris primaires et collèges, des enregistrements multiples d’un même électeur, à commencer par les responsables municipaux de Kankan et certains cadres de l’administration.
Le candidat Alpha Condé a ainsi réussi à introduire plus de 1,5 million d’électeurs fictifs en vue de cette présidentielle d’octobre 2015 qu’il a voulu gagner dès le premier tour. La population de la région de Kankan en Haute Guinée est devenue officiellement supérieure à celle de la région de Conakry, la capitale, ce qui est une anomalie évidente (en Afrique, la capitale est toujours plus peuplée que n’importe quelle autre ville d’un pays donné).

Dans le fief de M. Alpha Condé en Haute Guinée, le taux de participation au scrutin est nettement plus élevé qu’ailleurs : 82,28%, alors qu’il reste dans la fourchette de 60% à 70 % dans les trois autres régions. Le taux de suffrages exprimés atteint en moyenne 88,47% en faveur de M. Alpha Condé contre 78,06% pour M. Cellou Dalein Diallo en Moyenne Guinée, de telle sorte que le premier gagne 26 points alors que le second perd 8 points à l’échelle nationale, par rapport aux résultats du premier tour de l’élection présidentielle de 2010.
Résultat, M. Alpha Condé est proclamé élu dès le premier tour, comme il l’avait prévu, avec 57,85% des voix.

Le fichier électoral, tel qu’il existe à l’heure actuelle, permettra donc à M. Alpha Condé de gagner n’importe quel scrutin national, que ce soit la présidentielle ou les législatives ou encore un éventuel référendum, même sans bourrage des urnes.

2°. Le président Alpha Condé a instauré un régime autoritaire et discriminatoire en Guinée :

Le président Alpha Condé a rétabli le régime du parti-Etat, qui existait durant la Ière République (1958-1984) - il avait d’ailleurs déclaré durant la campagne électorale qu’il reprendrait la Guinée là où Sékou Touré, le premier président guinéen, l’avait laissée -, dans lequel le pouvoir est concentré entre les mains des seuls cadres du parti au pouvoir, le Rassemblement du peuple de Guinée (RPG), à l’exclusion de l’opposition. Le parti au pouvoir est devenu le RPG Arc-en-ciel après avoir absorbé plusieurs autres partis politiques, l’ensemble étant appelé Mouvance présidentielle.

Le président Alpha Condé a placé au sein de l’Etat une autorité qui émane uniquement du RPG et qui se superpose à celle du gouvernement. Cela a abouti à créer un régime dictatorial, voire totalitaire.

Le régime du président Alpha Condé est de plus discriminatoire. Dans une interview à l’agence de presse française AFP et à la radio RFI, il déclare, le 19 juillet 2011 : « Vous avez trois régions en Guinée [alors qu’il y en a quatre, dont la Moyenne Guinée qu’il oublie ou isole volontairement]: la Haute Guinée, la Forêt et la Basse Guinée, qui sont mandingues ».

Cela est aussi une contre-vérité. La plupart des ressortissants de la Basse Guinée, à savoir les Bagas (autochtones de Conakry, la capitale), les Landoumas, les Nalous, les Mikiforè et les Bassaris ne sont pas mandingues. De plus, la Guinée Forestière que M. Alpha Condé désigne par le terme « la Forêt », habitée par les Kissiens, les Tomas et les Guerzés (qui s’appellent eux-mêmes Kpèlè) n’est pas mandingue non plus.

Le président Alpha Condé a mis en œuvre le principe diabolique cher aux dictateurs : « diviser pour régner », sans en mesurer le prix ni les conséquences. Il a détruit le socle social sans lequel un pays ne peut s’épanouir, à savoir la cohésion nationale et la paix sociale.

De par ses déclarations et ses actes, il a creusé un fossé de plus en plus grand entre les ethnies du pays. Et il use de la discrimination ethnique comme méthode de gouvernance dans l’administration publique à tous les niveaux.

L’utilisation des clivages ethniques est un véritable crime contre la nation guinéenne. C’est ainsi que, depuis 2010, des flambées sporadiques mortelles de violence communautaire et politique à caractère ethnique encouragées par le pouvoir ont fait plusieurs centaines de morts.

En 2011, plus de 25 personnes ont été tuées lors d’affrontements entre deux communautés dans le village de Galakpaye en Guinée Forestière.

A la suite de violences communautaires survenues le 14 juillet 2013 à N’Zérékoré, au sud-est du pays, il y a eu plus de 200 morts, sans qu’aucune enquête ne soit diligentée sur le rôle de plusieurs politiciens proches du RPG, le parti au pouvoir, qui y sont impliqués.

Le président Alpha Condé a lancé, le 5 août 2012, une expédition punitive contre les villageois de Zoghota. Bilan : 5 morts et des dizaines de blessés par armes de guerre. Le but était de chasser Vale, la société brésilienne adjudicatrice de la mine de fer sise à Zogotha qui, d’ailleurs, n’a pas tardé à jeter l’éponge et à quitter la Guinée.

3°. Les violations récurrentes des droits de l’homme par le président Alpha Condé :

Depuis son accession au pouvoir, le président Alpha Condé n’a jamais voulu organiser les élections règlementaires à temps et dans des conditions transparentes et crédibles. C’est ainsi que les législatives qui devaient se tenir six mois après la présidentielle de 2010, c’est-à-dire en juin 2011, n’ont eu lieu que plus de deux ans plus tard, en septembre 2013.

De même, les élections communales ont été reportées d’année en année et n’ont finalement eu lieu que le 4 février 2018, alors que les précédentes étaient antérieures à l’arrivée au pouvoir de M. Alpha Condé.

Pour obtenir la tenue des élections, l’opposition a toujours été obligée d’organiser des manifestions publiques pacifiques. Celles-ci sont expressément reconnues par l’article 10 de la Constitution. Mais, à chaque fois, le président guinéen a lancé contre elles les forces de l’ordre qui ont fait usage d’armes de guerre entraînant un grand nombre de morts et de blessés par balles.

A la mi-décembre 2012, l’opposition avait déjà enregistré 13 tués par les balles des forces de l’ordre, 1 162 arrestations et 653 condamnations illégales.

Six mois plus tard, les médecins guinéens ont dressé, le 1er juin 2013, un bilan provisoire des violences subies par les militants de l’opposition : 54 morts, plus de 600 blessés dont plus de 400 par balles (des enfants en majorité), des morts dans les prisons dont le nombre est inconnu, de nombreux jeunes disparus enlevés nuitamment qui seront exécutés, jetés dans des fosses communes et dont les corps ne seront jamais retrouvés.

A la veille des législatives qui ont finalement eu lieu en septembre 2013, on a dénombré au total jusqu’à 63 morts par balles.

Les exactions ont continué de plus belle contre les populations civiles tout au long des années et des manifestations publiques organisées par l’opposition pour la tenue des élections à date ou pour réclamer le respect des accords conclus entre le pouvoir et l’opposition.

Rappelons que les accords du 3 juillet 2013, du 20 août 2015 et du 12 octobre 2016 ont tous été paraphés par des représentants de la communauté internationale : M. Saïd Djinnit, représentant de l’Union africaine, l’ambassadeur américain M. Alexander Mark Laskaris, l’ambassadeur français M. Bertrand Cochery, le représentant du PNUD, qui coiffe dans chaque pays tout le système des Nations unies et le représentant de l’Union européenne. Cela n’a pas empêché le président Alpha Condé de violer tous ces accords.

Pendant la période de l’élection présidentielle d’octobre 2015, les forces de l’ordre ont encore fait 13 tués par balles parmi les opposants.

Au cours de l’année 2018, au moins 20 personnes ont été tuées par balles, dont 3 au cours des deux dernières semaines du mois d’octobre (les 16, 23 et 30 octobre 2018).

En novembre 2018, M. Alpha Condé a décidé de militariser carrément l’axe de la route Leprince dans la commune de Ratoma, qui traverse le principal fief de l’opposition, en y installant des Postes armés (PA) composés de patrouilles mixtes de l’armée, de la gendarmerie et de la police. Voilà une nouvelle violation des libertés publiques.

Officiellement, on est à 106 le nombre total de manifestants tués par balles depuis l’arrivée au pouvoir de M. Alpha Condé en décembre 2010. Ce nombre ne tient évidemment pas compte des centaines de disparus enfouis dans des fosses communes dans des lieux tenus secrets.

4°. La situation socio-économique catastrophique de la Guinée :

Après huit ans de pouvoir, quel bilan économique et social le président Alpha Condé présente-t-il ?

Il gouverne le pays avec un cabinet fantôme à la présidence de la République fait d’une élite mafieuse qui empêche le gouvernement de fonctionner normalement et concentre entre ses mains tous les pouvoirs, alors qu’il n’a pratiquement jamais travaillé de sa vie, ne présente sur son curriculum vitae que le fait d’avoir été président d’une organisation panafricaine d’étudiants et ne suit aucun programme cohérent de développement économique et social.

Résultat, la population guinéenne connaît aujourd’hui une misère généralisée. Les principaux indicateurs économiques et sociaux classent la Guinée dans la catégorie des 48 Pays les moins avancés (PMA) de la planète, selon les Nations unies (chiffres estimés en 2015) :

Le PIB par habitant de la Guinée est de 546 dollars, alors que le seuil au-dessus duquel un pays sort de la catégorie des PMA est de 900 dollars par habitant.
L’espérance de vie à la naissance est de 54 ans (48% des médecins se trouvent dans la capitale, Conakry), contre 58 ans en Côte d’Ivoire et 60 ans au Sénégal.
La Guinée se classe au 178e rang sur 187 pays dans le monde en termes d’IDH (Indice de développement humain), le critère défini par le PNUD.
55% de la population totale, estimée à 12,6 millions de personnes, vit en dessous du seuil de pauvreté (moins de 1,90 dollar par jour et par personne).
Le taux d’analphabétisme dépasse 60% de la population (contre 50% au Sénégal, 43% en Côte d’Ivoire).
La bauxite continue de fournir 97% des recettes en devises étrangères et 80% des recettes budgétaires (c’est le prototype même du pays à monoproduction).
Une grave détérioration de l’environnement est due à l’exploitation anarchique de cette bauxite : 50 millions de tonnes de bauxite par an sont exportées sans laisser aucune trace économique dans le pays et sans le moindre début de transformation.

Les revenus provenant de ces exportations sont détournés pour renflouer les caisses du RPG, le parti au pouvoir, et enrichir la couche mafieuse qui dirige le pays.

Agriculture traditionnelle extensive : rendements médiocres, faible diversification des cultures. On est bien loin de l’autosuffisance alimentaire.
Faiblesse des investissements industriels.
Paupérisation aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain qu’accompagne un chômage massif des jeunes, qui ne trouvent d’autre issue pour s’en sortir que de tenter l’exil vers d’autres cieux, notamment vers l’Europe.
Le système éducatif guinéen souffre de graves dysfonctionnements : inadéquation entre la formation et l’emploi, baisse de la qualité de l’enseignement, absence de formation des jeunes en âge de travailler, aucun établissement universitaire digne de ce nom.

Ce ne sont pas quelques hôtels cinq étoiles, toujours vides faute de clientèle solvable, qui feront le développement du pays.

La capitale Conakry est hideuse, remplie de tas d’immondices au bord des rues, ce qui cause une mauvaise hygiène de vie pour les citadins et lui fait ressembler à un immense bidonville où l’eau et l’électricité sont épisodiques.

Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), en 2018 le premier pays d'origine des migrants vers l’Europe a été la Guinée (13 068 personnes). Un chiffre qui en dit long sur la désespérance des Guinéens en raison du régime incompétent et tyrannique du président Alpha Condé.

Pour résoudre ce problème d’émigration, notamment des jeunes Guinéens, il faut créer les conditions d’une croissance économique créatrice d’emplois, en commençant par respecter les droits de l’homme et la démocratie, condition sine qua non de tout développement.

Le bilan économique et social du président guinéen est désolant pour un pays qui présentait les meilleures perspectives de développement en Afrique de l’Ouest : sol fertile, pluviométrie importante, énormes richesses minières. Aujourd’hui, la Guinée est une société ruinée et caractérisée par de profondes blessures.

5°. Le projet de troisième mandat anticonstitutionnel du président Alpha Condé :

Le 14 décembre 2015, le président Alpha Condé prête serment devant la Cour constitutionnelle pour être investi de la charge de président de la République pour son second et dernier mandat de cinq ans. M. Kèlèfa Sall, président de cette institution, le met solennellement en garde contre toute tentation de se présenter à un troisième mandat.

Dans son intervention, ce haut magistrat déclare : « Evitez toujours les dérapages vers les chemins interdits en démocratie et en bonne gouvernance. Gardez-vous de succomber à la mélodie des sirènes révisionnistes, car

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