Laisser Alpha Condé finir son travail

17 juin 2019 - Quand Dadis Camara est arrivé au pouvoir à travers un coup de force militaire, j’ai tout de suite pensé à Toumany Touré du Mali, en monologuant : ‘’Oh, ça y est, la Guinée va désormais prendre son développement au sérieux !’’. Aus...

Quand Dadis Camara est arrivé au pouvoir à travers un coup de force militaire, j’ai tout de suite pensé à Toumany Touré du Mali, en monologuant : ‘’Oh, ça y est, la Guinée va désormais prendre son développement au sérieux !’’. Aussi, quand Alpha Condé, dans son premier discours à la nation, avança qu’il a hérité d’un pays sans Etat, le même monologue : ‘’Oh ça y est, pour la première fois, la Guinée va s’occuper désormais à la source même de son développement, à savoir l’établissement réel des structures de l’Etat’’.

Dadis Camara s’est enrôlé dans l’armée après ses études universitaires. Il était donc branché, autrement dit il savait ce qu’il fallait pour la marche du pouvoir guinéen dans le sens pur de l’idéal démocratique. Comme Toumany Touré l’a fait au Mali, Dadis aurait pu recadrer la politique guinéenne autour de l’essentiel pour le reste des futures générations de politiciens. Échec surprenant : le résultat politique de Dadis fut une déconfiture totale.

Alpha Condé était un opposant de grands principes démocratiques. Quand il dit ‘’j’ai hérité d’un pays sans Etat’’, la démonstration est éloquente. C’est-à-dire que le problème principal de la Guinée, c’est la nature anarchique des structures de décision de l’Etat. Échec surprenant : Alpha Condé ne s’occupe pas de la normalisation idéale des structures de décision de l’Etat, il fait le pire. Présentement en Guinée, la possibilité d’une guerre civile est plus imminente qu’il n’aurait jamais été au temps de Lansana Conté, ou de Sékou Touré.

Aujourd’hui, la Guinée a sérieusement besoin d’une vague de politiciens bien instruits. Et quand je parle d’instruction, je mets l’accent sur des spécialités d’organisation politique désintéressée. La Guinée n’a pas besoin des individus hautains dans les centres de décision politique. La Guinée n’a pas besoin des fanfarons, des esprit-vides dans les centres de décision politique. La Guinée n’a pas besoin des individus débiles, des sans-principes, des individus ‘’oui patron, oui chef’’ dans les centres de décision politique.

La Guinée a besoin de gens capables, réellement instruits. Des gens soucieux de travailler pour le développement du pays, et non celui d’un système politique corrompu, où l’on diabolise la personnalité du chef de l’Etat.

Lorsqu’un groupe de politiciens incapables se retrouve, l’effet logique s’impose : toutes les tâches sérieuses demandant de grands efforts fournis en rapport aux lois objectives, sont mises de côté au profit des attitudes manipulées par des phrases de type ‘’On n’est pas parfait. On a mieux fait que les autres. Ce sont les autres qui n’ont rien fait. La faute, c’est les autres. Il faut pardonner au nom de la paix. Il faut pardonner au nom de la réconciliation etc.’’ Alpha Condé a échoué dans son rôle de développer la Guinée depuis qu’il affirma s’être trompé de jugement sur Lansana Conté, qu’il qualifiait toujours d’être le seul ‘’mal de la Guinée’’.

A 81 ans, et après 9 ans de pouvoir, à trois ans de la fin de son mandat, Alpha Condé ne pourra plus convaincre la Guinée. Les seuls guinéens qui diront le contraire, sont ceux-là qui soit, profitent de son système, ou soit trouvent ce soulagement au niveau de l’esprit que l’ethnie malinké, et non les autres, dirige la Guinée.








Vive la démocratie ! Vive la république ! Vive le respect des lois de la Constitution !

Par Naby Laye Camara à Bruxelles

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